Votre parent vieillissant prend-il bien soin de lui-même?
Guettez les signes qui démontrent qu’un être cher et fragile a du mal à vivre en autonomie

Votre vieille maman laisse la cuisinière allumée et brûle un gant de cuisine. Votre père, d’habitude bien habillé, se présente à une réunion de famille, en portant une chemise tâchée. Vous avez remarqué que le ménage les dépasse et que le réfrigérateur est rempli d’aliments périmés. Leur sécurité et leur santé vous inquiètent. Sont-ils encore capables de vivre seuls?

Il est difficile de savoir si votre parent vieillissant ou être cher prend bien soin de lui tout seul. Quelle que soit pour eux la difficulté de s’acquitter de leurs corvées quotidiennes, de nombreux aînés fragiles demandent de l’aide avec réticence. Ils peuvent penser que ce serait avouer leur inaptitude, accepter une intrusion dans leur vie privée ou craindre une institutionnalisation forcée, s’ils reconnaissent ne plus s’en sortir. Que ce soit par anxiété ou par fierté, de nombreux aînés tentent de dissimuler leurs difficultés intellectuelles et physiques liées à l’âge.

Pour couronner le tout, vous aurez peut-être du mal à admettre que vos parents ont besoin d’aide. Ce sont eux qui se sont toujours occupés de vous et le renversement des rôles peut paraître bizarre. Votre parent ou être cher peut aussi être bien décidé à vivre chez lui et, naturellement, vous souhaitez qu’il soit heureux et autonome aussi longtemps que possible. Mais rester en santé est également une priorité, qui exige de vivre dans un cadre propre et sans danger, de respecter rigoureusement les prescriptions médicales, de prendre des repas nourrissants et même de bien gérer ses finances.





Définir le problème
Grâce à cette liste de contrôle, vous pourrez évaluer votre être cher et son besoin d’aide éventuel :


Soins personnels
Changement de présentation, cheveux sales ou peu soignés, mauvais état dentaire;
Vêtements non assortis ou sales;
Odeur corporelle.

Ménage
Piles de vaisselle ou de linge sales;
Accumulation d’ordures ménagères;
Excès de poussière ou de fouillis;
Manque d’hygiène, surtout dans la cuisine ou la salle de bain.

Nutrition
Perte de poids visible;
Plaintes de perte d’appétit ou de mauvais ajustement du dentier;
Réfrigérateur et arrière-cuisine peu ou mal approvisionnés;
Aliments périmés ou avariés dans le réfrigérateur.

Finnances
Accumulation de courriers non ouverts, y compris de factures;
Découvert important sur la carte de crédit ou retraits importants et inexplicables du compte bancaire;
Chèques sans provision;
Incapacité d’effectuer des transactions bancaires de base y compris de faire un chèque

Médicaments
Non-respect des traitements médicamenteux – recherchez des prescriptions non exécutées, des boîtes de médicaments non entamées ou périmées;
Gestion désordonnée des médicaments;
Prescriptions exécutées par de multiples pharmacies.

Mobilité
Difficulté pour passer de la position assise à la position debout;
Mauvais sens de l’équilibre;
Faible endurance pour marcher;
Difficulté dans les escaliers du domicile;
Difficulté pour se déplacer sans risque dans la communauté, à pied, en voiture ou en transport en commun.

Sécurité
Chutes récentes – prêtez attention aux bleus ou à la claudication;
Couloirs ou escaliers encombrés;
Accidents dus aux appareils ménagers.

Dynamisme personnel
Léthargie;
Retrait social.

Capacité intellectuelle
Mauvaise mémoire à court terme;
Confusion;
Incapacité d’effectuer des tâches routinières ou de suivre des instructions;
Manque de discernement, par incompréhension de ses besoins et limites;
Méfiance.





Élaborer un plan d’intervention
Si vous pensez que votre parent vieillissant a perdu son autonomie, vous devrez concevoir un plan pour répondre à ses besoins. Demandez à votre médecin ou à un autre spécialiste de la santé des aînés, de vous aider à évaluer la situation et à trouver la meilleure solution pour toutes les personnes concernées.

Commencez à parler des diverses modalités d’aide avec votre parent ou être cher, dès que possible. Parlez ensemble des domaines où il a besoin d’aide, selon vous, et associez-le aux prises de décision. Faites preuve de respect et ne renoncez pas, même s’il est réticent à parler de changement. C’est une période très effrayante pour de nombreux aînés — imaginez simplement comme ce serait effrayant pour vous de reconnaître que vous ne pouvez plus cuisiner vos repas ou même monter l’escalier chez vous. Ils ont besoin de votre compréhension et soutien.

Si vous éprouvez des difficultés à parler avec votre être cher, essayez d’enrôler une personne à qui il fait confiance — un médecin, un pasteur, un ami ou un voisin, par exemple — pour parler du problème et insister sur le besoin d’aide.

Rappelez-vous qu’il existe de nombreuses modalités d’aide, allant des services d’entretien du domicile et de repas à domicile à des résidences pour aînés qui assurent la lessive, des activités sociales et des soins médicaux 24 heures sur 24. Votre plan doit tenir compte des besoins de votre être cher et de ses capacités, ainsi que des vôtres!

Ne manquez pas de tenir compte de vos propres limites — physiques, mentales et financières — dans votre plan. Être aidant naturel peut être épuisant : soyez prêt/e à demander de l’aide. La famille, les amis et les organismes communautaires peuvent tous vous prêter une main secourable.

Adressez-vous à votre conseiller/ère PAE, professionnel/le de la santé ou organisme compétent pour les aînés pour vous informer sur les ressources locales disponibles.





Sites Web
+ Conseil consultatif national sur le troisième âge
+ Agence de santé publique du Canada — Division du vieillissement et des aînés
+ Info-aînés Canada