Devriez-vous être au travail aujourd’hui? Travailler avec les facultés affaiblies d’une manière ou d’une autre est dangereux. Vous avez beaucoup de travail et ne voulez pas prendre de retard. Vos clients et vos collègues se fient à vous. Vous ne voulez pas que le patron vous prenne pour un tire-au-flanc… Et la liste s’allonge. Même si on ne se sent vraiment pas bien, on peut toujours se convaincre d’aller travailler. On est fier de son travail et on veut simplement bien le faire, pour l’essentiel. Mais travailler les facultés — physiques, intellectuelles ou émotionnelles — affaiblies, incapable de vaquer à vos occupations quotidiennes, peut vous nuire, faire du tort à vos collègues et même aux résultats de votre entreprise. Le « présentéisme » est le dernier mot à la mode, tiré de la recherche sur la santé au travail. Il désigne la perte de productivité due aux personnes qui continuent à travailler, malgré leurs facultés affaiblies par la maladie, une blessure, le stress ou même la drogue et l’alcool. Comme le coût annuel de ce phénomène est estimé à plus d’1 milliard de dollars, les employés et les gestionnaires doivent connaître les coûts associés aux employés aux facultés affaiblies et créer des milieux de travail plus sains, sécuritaires et, en fin de compte, plus productifs. Qu’entend-on par « facultés affaiblies »? Les facultés ne sont pas affaiblies qu’à cause des drogues ou de l’alcool. L’alcoolisme et la toxicomanie sont des causes de cet état parmi d’autres, mais les facultés des employés sont affaiblies sur le lieu de travail, quand ils sont physiquement, intellectuellement ou émotionnellement incapables d’accomplir correctement leur travail. Les facultés sont également affaiblies par un gros rhume, la grippe, une blessure, des allergies ou d’autres maladies. De plus, les médicaments contre la douleur, le rhume ou les antihistaminiques traitent vos symptômes, mais peuvent affaiblir encore plus vos facultés ou votre productivité. Les facultés affaiblies ne sont pas liées qu’à la santé physique. Des problèmes émotionnels comme un stress élevé, l’épuisement professionnel ou la dépression ou une autre maladie mentale peuvent aussi en être responsables. Les problèmes liés au conflit travail-vie personnelle – concilier responsabilités familiales et professionnelles par exemple – peuvent vous distraire, vous épuiser émotionnellement et nuire à votre concentration. Le coût des facultés affaiblies Selon une étude de 1999, la perte de productivité due aux maladies ou aux facultés affaiblies était 7,5 fois supérieure à celle de l’absentéisme! Les employés malades sont moins efficaces dans leur travail et ils exposent aussi leurs collègues au risque d’attraper un rhume ou la grippe et d’entraîner une plus grande perte de productivité qu’en s’absentant de leur travail. Les effets secondaires de certains médicaments peuvent aussi être dangereux, si votre travail exige une grande vigilance — pour travailler avec du matériel lourd, par exemple. Les facultés affaiblies par les drogues ou l’alcool ou même le « mal aux cheveux » du lendemain peuvent aussi menacer la sécurité de vos collègues, de vos clients et la vôtre. Enfin, les gens dépressifs, stressés ou en proie à des problèmes familiaux peuvent être irritables, non fiables et incapables de se concentrer. De plus, ces attitudes négatives peuvent rejaillir sur d’autres employés, en créant un milieu de travail malsain et non productif. Vos facultés sont-elles affaiblies? Vous vous devez à vous-même, à vos collègues et à votre entreprise d’évaluer chaque jour si vous êtes en état de travailler. Tâchez de vous poser les questions suivantes : 1. Mes médicaments peuvent-ils nuire à mes capacités et mon discernement au travail? 2. Une maladie est-elle susceptible de diminuer ma compétence professionnelle? 3. Le manque de sommeil ou la mauvaise alimentation nuisent-ils à mon travail? 4. Des problèmes affectifs ou relationnels non résolus m’empêchent-ils de me concentrer sur mon travail? 5. Les effets de la consommation de drogues ou d’alcool se font-ils sentir? 6. Mes blessures sont-elles assez guéries pour que je reprenne mon travail? 7. Puis-je mobiliser aujourd’hui toutes mes compétences et mon attention au travail? Si vous pensez que votre rendement au travail peut être diminué pour une raison ou pour une autre, prenez le temps de demander de l’aide pour résoudre ces problèmes. Votre patron, votre gestionnaire des ressources humaines ou conseiller/conseillère PAE peuvent vous aider à trouver de bonnes solutions et à retourner au travail le plus vite possible. Que pouvons-nous y faire? Tout le monde doit collaborer pour réduire les conséquences des facultés affaiblies au travail. Si vous êtes employé, il vous suffit de rester chez vous quand vous êtes malade pour contribuer à la santé du milieu de travail : vous guérirez plus vite et ne propagerez pas votre rhume ou votre grippe. Il importe aussi de rechercher une aide efficace pour les toxicomanies, les maladies mentales et les conflits familiaux. En fait, votre conseiller PAE vous mettrait avec plaisir en relation avec des organismes locaux et des professionnels de la santé compétents. Les employeurs devraient aussi se mobiliser pour que le milieu de travail soit sain et l’ambiance bonne. Des études ont démontré que les employés qui concilient bien vie professionnelle et personnelle sont plus satisfaits et productifs que ceux qui sont stressés parce qu’ils n’y parviennent pas. L’adoption par les entreprises de modalités de travail « favorables à la vie de famille » comme les semaines à horaire variable ou le travail à distance peut diminuer le niveau de stress des employés et favoriser leur concentration au travail. La vie active joue également un rôle important dans la santé du milieu de travail. Comme la sédentarité du travail augmente, la forme et la santé de l’ensemble des Canadiens se dégradent. Les programmes de vie active incitent les employés à intégrer l’activité physique à leur vie de tous les jours, ce qui augmente leur dynamisme, réduit le stress et suscite des attitudes plus positives au travail. L’activité physique contribue également à la prévention des blessures au dos, des cervicalgies et d’autres maladies, qui guettent ceux qui restent trop longtemps assis. Les programmes d’éducation à la santé globale et au mieux-être, de gestion du stress, de santé cardiaque, de nutrition et de santé au travail, entre autres, réduisent aussi les problèmes de facultés affaiblies au travail. Les programmes de dépistage des maladies physiques ou mentales chez les employés, qui prévoient de l’aide et un traitement sont aussi indispensables. Enfin, les gestionnaires doivent donner l’exemple pour que tous les programmes de santé au travail soient efficaces. Quel que soit le contenu des politiques, si le patron travaille tard tous les jours, les employés seront réticents à prendre des congés. Les gestionnaires et les employeurs doivent prendre soin de leur propre santé et leurs employés seront motivés pour en faire autant. Sites Web + La vie active au travail (santé Canada) + Semaine santé au travail au Canada + Ressources santé au travail (Institut national de la qualité) + Santé en milieu de travail (Réseau canadien de la santé)
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